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Entrelacs aux serpents, Suse

Louis Capitan tente une analyse de l’entrelacs cruciforme à partir du recensement de sa présence dans de nombreuses civilisations, aux temps fort éloignés et  aux lieux tout aussi épars aussi bien en Asie, en Méditerranée qu’en Amérique du nord et centrale.

Il ébauche plusieurs hypothèses.
Cet entrelacs serait le produit de l’entrecroisement de serpents dont il trouve une présence à Suse 2° période dans un motif en asphalte noir.

Sa présence en Chine est assurée mais non datée.
Sa présence en Amérique du nord (Tennessee)  et centrale pourrait être due à une importation d’Asie.

Il se complexifie tout au long des siècles pour déboucher en des formes dans lesquels il semble plus un élément que le principe.

On peut noter au minimum un très proche voisinage avec le swastika.

M Capitan cherche la signification de ce signe en forme de croix. Il en voit l’origine dans l’enchevêtrement de deux serpents. rapport à un culte chtonien? relation à la swastika?

A l’image de nombreux signes cet entrelacs cruciforme a perdu sa signification avec l’âge. Ainsi le pense-t-il pour le motif des mosaïques romaines. Il en est moins certain pour les formes mérovingiennes. J’avais globalement le même sentiment non érudit, sans pouvoir l’expliquer si ce  n’est par la force sacrée plus ressentie dans l’esthétique mérovingienne et celte que romaine. Mais cela vient peut-être simplement de la fonction sacrée des unes et  non de celle des autres, les mosaïques n’ayant alors qu’une fonction décorative?

Un bel article qui date de plus d’un siècle et nous éclaire tant sur les entrelacs que sur les recherches dont il est l’objet depuis longtemps.

W Deonna analyse la figure entrelacée des deux serpents de Suse. Il ne s’arrête pas sur la forme cruciforme. Cependant il considère que  « La priorité  du motif et de son sens cosmique semble appartenir à  l’Orient… On considère généralement ces serpents enlacés  comme les symboles de Ningizziddad  dieu de la fertilité et de la génération, ou comme le symbole général, moins d’un dieu particulier, que de la fertilité… Mais le cercle fermé qu’ils forment implique aussi, comme tous les cercles, la notion de continuité et de renouvellement sans fin, du monde et de la vie ».

Nous revenons une fois de plus sur des éléments centraux de l’entrelacs, fertilité donc terre, Gaïa n’est pas loin, cercle, renouvellement, mouvement.

Sources

Capitan Louis, L’entrelacs cruciforme. In: Comptes-rendus des séances de l’année.. – Académie des inscriptions et belles-lettres, 62e année, N. 3, 1918. pp. 197-209.url : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/crai_0065-0536_1918_num_62_3_73994; Consulté le 12 février 2010
W. Deonna, Ouroboros,  Artibus Asiae, Vol. 15, No. 1/2 (1952), pp. 163-170, Artibus Asiae Publishers, Stable URL: http://www.jstor.org/;