Adel Abdessemed, artiste de l’entrelacs

« Telle mère, tel fils » d’Adel Abdessemed

Adel Abdessemed, artiste de l’entrelacs. Certainement.

Entrelacs géométrique

avec l’œuvre vidéo « God is Design (2005) » où le rapport politique avec les religions est déjà très remarqué par certains commentateurs.

« God is design » dans le contexte de l’exposition du Centre Georges Pompidou

L’œuvre , tout en mouvement, que la technique vidéo exprime avec naturel, dessine tout d’abord des zelliges, à résonances andalouses, qui se construisent et se déconstruisent, sur une musique aux réminiscences reichiennes, à moins qu’elle soit de Steeve Reich lui-même. Puis les zelliges se font  et se défont, se fondent en d’autres entrelacs fugaces, pseudo grisailles cisterciennes, « quatre-feuilles » en passages furtifs, esquisse de labyrinthe, et même, apparition, probablement encore utérine, des vers de « Telle mère, tel fils », une autre œuvre d’Adel Abdessemed, tout en mobilité.

Mais, si la vidéo permet de mettre en évidence, en quelques minutes ludiques, des  liens, ponts, passages de l’œuvre d’Adel Abdelssemed, par la limite même du cadre, marquée par le mouvement technique de l’image, son animation ne peut rendre l’infini temporel et surtout spatial du zellige; sublime ironie.

Entrelacs débridé

« Décor » bien sûr, .. .et bien d’autres, telle « telle mère, tel fils« .

Le zellige se débride… la violence contemporaine éclate des cadres, mais n’atteint pas pour autant l’infini.

L’œuvre d’Adel  Abdessemed est moins bavarde que ses exégètes, admirateurs et contempteurs. Elle se tient debout d’elle-même, marque son époque et tisse du sens avec le passé et probablement le futur.

Volonté de passer un message politique, une vision qui sort probablement des entrailles de la violence insoutenable du bébé que l’on égorge. Il me semble que son œuvre n’a pas besoin de discours. Elle l’est.

(et voilà, encore un non spécialiste qui se permet un avis, même un embryon d’analyse!).

La présence conjointe d’entrelacs géométriques et débridés au sein de son œuvre pointe la complexité de ce monde, de douleurs.  Le débridé prend petit à petit, semble-t-il, le pas sur le géométrique, telle l’urgence du contemporain sur l’histoire. Mais cette dimension me semble trop forte chez AA pour que ne réapparaisse pas l’Andalousie et l’infini de ses zelliges…. coin (celui de la massue?) de spiritualité au sein des guerres.

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