Au fil des vagabondages, ai trouvé un article excellent dont voici quelques extraits … et le lien

 » Les premières manifestations d’un art (plastique)(23) spécifiquement marron datent du début du 19ème siècle : ce sont des peignes, des pagaies, des bancs, des objets quotidiens. Il s’agit avant tout d’un art du relief ; un relief qui se dégage du bois marqué, évidé, taillé, sculpté. Les Businenge désignent leurs productions artistiques et artisanales par le terme  » tembe « . Altération de l’anglais  » timber  » qui désigne le bois de construction (poutres, planches, étais, etc.),  » tembe  » renvoie d’emblée à un lexique technique et non artistique. Si la notion de construction occupe une place centrale dans le tembe, c’est parce que la genèse de cet art ne se comprend qu’à partir de l’outil. Pour reprendre une expression de Patrick Lacaisse,  » l’outil est fondateur du tembe « . …

Le tembe, c’est la réinvention, dans le creux du bois, du corps et de la famille nègres démantelés par l’esclavage. Une réinvention qui se lit dans le lexique utilisé par les marrons pour identifier les éléments de leurs sculptures. C’est ainsi que les  » yeux  » désignent les petits replis des entrelacs, le  » cou  » les parties intermédiaires qui font communiquer entre eux les rubans sculptés (reliant la tête au reste du corps, le cou est  » reliure « ), le  » nombril  » le foyer central de la composition, …
La fugue, en tant que principe  » rythmique  » de cryptage et de variation, s’inscrit directement dans la structure du tembe. Chaque oeuvre se construit à partir d’un système de rubans : des figures complexes, entrelacées les unes aux autres, inscrites dans le bois comme autant de lignes de fuites et de fausses pistes. Les rubans tournent, plongent, resurgissent, par-dessus, par-dessous les uns les autres, offrant ainsi au regard l’épreuve du vertige. Les tembe se lisent en suivant du bout du doigt les itinéraires inscrits dans le creux d’un plat à vanner, sur la tête d’une pagaie ou sur l’assise d’un banc. … »
Ces quelques lignes pour vous donner envie d’aller plus loin dans la découverte de l’art du tembé, mais plus encore, de la culture marron, des sources de l’art, entre influences technologiques, culturelles, écosystémiques, de l’importance du rythme dans la vie et l’entrelacs (les rubans) , de la lutte et des contraintes, mais aussi les relations si intimes entre les arts et particulièrement ici la musique et l’art graphique, non pas seulement dans les formes mais aussi dans les conditions de naissance d’une culture propre.
Vidéos
  • interview de l’artiste Dinguiou
  • document pédagogique de classe inversée  Présentation d’une pirogue tembé, dans le cadre de l’épreuve d’histoire des arts au collège (niveau 4ème)  éléments sur l’histoire marron, sur les symboles et les couleurs
  • les Boni de Guyane, par Nzwamba : sur l’origine ivoirienne et plus anciennement ghanéenne des Boni de Guyane; donc a priori pas de liens avec les Boni d’Ethiopie et Somalie et les origines des entrelacs Tembé (Boni) de Guyane et des entrelacs Boni de la corne de l’Afrique. Pourtant dessins assez proches. A confirmer.

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