L’entrelacs constitue une figure de l’art du vitrail depuis la Moyen-Age, une des grandes époques de cet art avec le XIX et le contemporain ( –> http://vitrauxdusud.free.fr/).

L’art du vitrail est marqué par la grisaille, d’abord une technique de dessin, puis de dessin sur verre et enfin de création de vitrail.

« La grisaille est une peinture ton sur ton, en camaïeu utilisant plusieurs niveaux de gris, du blanc au noir. Apparue dans les fresques de Giotto au début du XIVe siècle, cette technique s’applique à la peinture, à la miniature et au vitrail. Dans le vitrail, « grisaille » signifie clarté, austérité et économie, avant d’être un jeu de lumière. ». expositions.bnf.fr/flamands/arret/07_1.htm

« La grisaille est une couleur vitrifiable composée d’un pigment et d’un fondant. Sa composition peut varier en fonction du pigment utilisé. Le pigment est un oxyde métallique et le fondant est un verre fusible qui fond lors de la cuisson des pièces peintes. Ces deux composants sont présentés sous forme de poudres pulvérisées miscibles entre elles. »

http://www.infovitrail.com/index.php/fr/decoration-sur-verre/352-composition-fabrication-de-la-grisaille

Souvent les techniques de grisaille et de verre coloré sont mélangées.

« À partir du XIVe siècle, s’ajoute une matière dite    « teignante ». Il s’agit d’une couleur n’exigeant pas de fondant, mais d’un véhicule de pénétration dans la surface du verre, le cément d’argent, de cuivre ou de platine…

Au XIXe siècle, après le simple terme de couleur ou peinture utilisé au Moyen-âge, est apparu le terme de « grisaille » pour désigner cette matière vitrifiable   aux variations colorées d’une grande richesse : grisaille brune, rousse, rouge, bleutée, sanguine, grisaille claire, grisaille réchauffée, etc.  »     http://vitrauxdusud.free.fr/pages/techniques3.htm

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Grisaille au cloître de l’abbaye de Heiligenkreuz en basse Autriche, 13 siècle.

Mais le terme grisaille peut aussi être entendu, au delà de la technique, comme un style de vitraux, non seulement par la composition de ses couleurs, mais aussi par l’esthétique grisée des œuvres.

« Couleur vitrifiable utilisée pour peindre sur le verre incolore ou teinté dans la masse, et qui permet de cerner les formes et de rendre le modèle. Il s’agit d’un mélange d’oxyde de fer et cuivre associé à un fondant. Noire, ou brune, la grisaille peut être plus ou moins délayée. L’addition d’autres colorant peut servir à modifier le ton ou à donner des grisailles colorées. Le terme « grisaille » désigne également la verrière elle-même lorsque les tons clairs dominent. »   http://vitrauxdusud.free.fr/ 

La technique de la grisaille peut alors être dépassée, oubliée, mais le terme rester si la verrière évoque les camaïeux des vitraux de technique en grisaille.

L’entrelacs s’impose comme une des formes les plus courantes des grisailles. Généralement géométrique au Moyen-Age, il tend à être le type unique de figure de la verrière quand ce n’est pas de l’ensemble des vitraux d’un bâtiment (Orbais l’abbaye, Pontigny, Clairmont, Saint Jean aux bois, chapitre de la cathédrale de Meaux, etc.), particulièrement chez les cisterciens.

Au XIX siècle, l’entrelacs est souvent moins central dans les grisailles mais néanmoins très présent, soit encore comme figure centrale, soit comme cadre soit comme autre moyen de structuration de la composition l’image.

L’entrelacs contemporain en grisaille éclate, comme beaucoup d’entrelacs contemporains, dans ses formes, jusqu’à sa négation d’entrelacs, mais aussi dans ses couleurs, jusqu’à sa négation du gris, sinon du camaïeux.

Cet éclatement même impose l’entrelacs grisaille contemporain comme une œuvre majeure de l’art d’aujourd’hui. On peut voir une contradiction dans cette assertion. Je pense que s’il y a contradiction elle est plus consubstantielle au contemporain, particulièrement à l’art contemporain, qu’à mon raisonnement. Contradiction régénératrice si l’on veut être optimiste.

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Grisaille d’Orbais l’abbaye

Fiche d’identité

Lieu : occident chrétien, essentiellement étudié

Epoque : du Moyen-Age à aujourd’hui

Forme de l’entrelacs : diverses, du géométrique à l’éclaté

Renvois et liens 

Auteur du post : Bernard Corbineau, amateur et généraliste de l’entrelacs qui s’essaie à la rigueur nécessaire au respect de l’entrelacs mais manque  de la connaissance du spécialiste.

 Auteur des photos du post :  1 et 3 : Bernard Corbineau         2 : Wolfgang Sauber, WC

 

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