En préparation d’une virée en pays de Laon … je suis tombé sur un article qui met en relation des entrelacs similaires dans des églises de la même région. On sait qu’il y a des « écoles »  ou des communautés d’entrelacs similaires telles celles d’Aurillac ou Conques, de Saintonge, etc.

Un article du début du siècle dernier sur l’église Saint Georges à Presles-et-Thierny fait déjà le lien entre de nombreuses églises, entre autres par la similitude des entrelacs.

Voilà un bout de fil qui peut être amusant de tirer en se rendant sur place ou plutôt dans les places pour être plus précis. Avis aux amateurs de weekend de filature.

Voici des extraits de l’article qui présentent ces « réseaux » de figures entrelacées.

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Quelques piliers, cependant, en sont dépourvus , soit sur chacun de leurs petits côtés, soit seulement sur l’un d’eux. Le profil de ces tailloirs, placés un peu plus bas que les sommiers des archivoltes, présente un bandeau chanfreiné avec onglet intermédiaire. Le bandeau est lisse, mais la tranche du chanfrein est ornée de billettes simples ou en damier, de dents de scie superposées et alternées d’entrelacs ou de palmettes triangulaires plissées en éventail.
Ce dernier ornement peut être considéré comme caractéristique de l’art du XIe siècle dans la région. On le retrouve dans plusieurs églises voisines qui remontent à cette époque, et notamment à Chevregny, à Vaux – sous- Laon et à Chivy.
Deux baies géminées en tiers-point, surmontées d’un tympan nu et encadré par un arc de décharge brisé, sont percées dans les parois latérales du porche. Leurs archivoltes, revêtues d’un boudin lisse ou à méplat central qui se relie à deux tores par des cavets, reposent sur trois colonnettes monolithes, la colonnette intermédiaire recevant la retombée commune des deux arcs. Les chapiteaux, d’un galbe très élancé, sont garnis de feuilles lancéolé es, d’entrelacs de rubans et de galons à bords pointillés, recourbés en volutes sous les angles du tailloir.
Des chapiteaux du même genre se remarquent à Saint-Évremond de Creil, dans la cathédrale de Senlis et à Saint-Leud’Esserent.
Au chevet, seule l’abside a gardé presque intact son caractère originaire. Ses trois fenêtres en plein cintre s’ouvrent entre deux colonnettes appareillées dont les chapiteaux sont garnis d’entrelacs, de pédoncules ou de palmettes rudimentaires, formées de petites cannelures en éventail : plusieurs sont seulement épannelés.
Les chapiteaux (du porche) de ces supports sont ornés de chimères et de feuilles d’acanthe à tiges entrelacées, dont le type se retrouve, vers 1160, dans plusieurs églises de l’lle-de-France et de la Picardie, et en particulier dans la cathédrale de Laon, à Nouvion-le-Vineux et à Dommartin (Pas-de-Calais).
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La carte ci-dessous présente la configuration de trois réseaux à confirmer, celui du « réseau de feuilles d’acanthe à tiges entrelacées » (bleu), celui des « entrelacs en rubans entrelacés » (orange) et enfin celui des «  »dents de scie superposées et alternées d’entrelacs » (vert). Tout un programme!
La suite dans quelques mois avec photos!

Source

L’ÉGLISE DE PRESLES (AISNE) par Lucien BROCHE, archiviste aux Archives nationales Dessins de Eugène DHUICQUE, architecte 1905

Image

Dessins de Eugène DHUICQUE, architecte

Auteur

Bernard Corbineau